Atelier de géographie populaire

Image-13Où vivons-nous et comment ? De quoi est fait le sol sur lequel nous marchons ? De quelle roche, de quelles histoires ? Qu’est-ce qui nous gouverne ? Qu’est-ce qui nous relie ? Qu’est-ce qui nous sépare ?
Dans l’urgence de mieux comprendre le monde qui nous entoure ainsi que notre place dans celui-ci, l’Atelier de Géographie Populaire a besoin des compétences et des désirs des habitants et des volontaires, pour dessiner de façon collective un atlas du Plateau de Millevaches, fait de mille cartes à inventer.
Une première esquisse des espaces physiques et imaginaires que nous habitons et qui nous habitent.
L’atelier de géographie populaire a vu le jour en septembre 2012 en établissant ses premières séances de cartographie. Depuis deux ans, ce groupe propose des sessions d’ateliers de cartographie, des rencontres avec des artistes, des scientifiques ou des gens du coin et les habitants du plateau de Millevaches ou d’ailleurs.
L’Atelier de Géographie Populaire est une initiative en construction patiente, portée entre autres par Pivoine, association d’éducation populaire, par Appelboom-la Pommerie, résidence d’artiste, par l’association Quartier Rouge, – et par vous si vous le souhaitez.

http://www.felletin.fr/atelier-de-geographie-populaire-du-plateau-de-millevaches-les-5-et-6-octobre-a-felletin/

Ruben Pater

dossier presse printps poetes 2015Ruben Pater est un designer néerlandais basée à Amsterdam. Il enseigne au département de communication de la Design Academy Eindhoven.
Il s’est donné pour mission de créer des récits visuels sur des questions politiques complexes. En traduisant visuellement des histoires sensibles ou «non rentables», Ruben Pater vise à activer l’intérêt du public. En tant qu’ histoires inédites, ses projets créent de nouvelles relations entre le journalisme et le design. Son «Drone Survival Guide» en 2013 a reçu une large attention, il est un outil éducatif sur les drones, fonctionnant comme une déclaration politique.
The First Dutch Flood Manual («Le premier Manuel d’Inondation des Pays Bas») est une recherche en communication en cas de catastrophe en période de changement climatique, et Double Standards, une recherche sur le commerce maritime et la piraterie somalienne. Actuellement, il travaille sur un projet de journalisme citoyen dans les pays où existe la censure, et une série de puzzles éducatifs sur les fuites de la NSA pour le journal néerlandais NRC Next.

 

Expositions
-Decolonized Skies, Apex art New York, 2014
-World Design Capital, Capetown, 2014
-Museum Boijmans van Beuningen, design column 2014
-Coming Soon, Bureau Europa 2014
-Dutch Electronic Art festival, 2014
-Click festival Helsingør, 2014
-Chaumont, 2013
-Unmapping the World, Lisbon, 2013
-St.Etienne design Biennial, 2013
-Zuiderzeemuseum, 2012
-Sandberg Graduation, 2012

 

http://www.untold-stories.net/

http://www.dronesurvivalguide.org/

Société Réaliste

dossier presse printps poetes 2015société

The future is the extension of the past by other means (Limes New Roman) Vue d’installation, Biennale d’Istanbul, 2009

[Nathalie Barki]

 

Société réaliste est une coopérative artistique fondée en 2004 par Ferenc Grof (1972) et Jean-Baptiste Naudy (1982).
Le travail de Société Réaliste explore les récits de l’histoire, de l’économie, de l’architecture et de l’art à travers ses signes visuels.
En opérant de subtils rapprochements, des extrapolations, des interprétations statistiques ou des
surimpressions, leurs oeuvres donnent à voir des évolutions historiques, des «tendances» et
produisent un ensemble d’outils de lisibilité du monde contemporain.

 

-Expositions monographiques :
Galerie Nationale du Jeu de Paume (2011),
Ludwig Museum (Budapest, 2012),
Musée d’Art Contemporain de Bucarest (2012),
Pexclamation, New York (2013),
Salon de Vortex (Athens, 2013),
Akbank Sanat (Istanbul, 2011).
-Biennales :
Istanbul (2009),
Helsinki (2014),
Lyon (2009),
Shanghaï (2012)
-Expositions dans de grandes institutions étrangères :
Budapest’s Ludwig Museum en 2012,
Contemporary Art Museum de Bucarest en 2011,
Wroclaw Contemporary Museum en 2012,
Dunaujvaros Institute of Contemporary Art en 2012,
Sheila C. Johnson Desing Center à New York en 2012,
Leon MUSAC en 2012,
TOP Contemporary Art Center à Shanghai en 2011,
Université de Maryland Baltimore, Center for Art, Design, and Visual Culture,
Fondation Pistoletto à Biella en 2010,..etc.
-Expositions personnelles :
Tender Pixels Londres,
P! (New York),
Salon de Vortex (Athènes) et à Tranzit.ro (Cluj).
A l’occasion de la FIAC 2013, leur oeuvre monumentale U.N. Camouflage, composée de 193 drapeaux a été installée sur la passerelle de Solferino, par la Galerie Jérôme Poggi, qui leur consacrait aussi un stand monographique au Grand Palais.

 

https://artetpolitique.wordpress.com/exposition-dart/artistes-participants/societe-realiste/

Nathalie Quintane

dossier presse printps 2015Nathalie Quintane est née en 1964. Elle a publié dans de nombreuses revues – Nioques, Action Poétique, Dock(s), AIOU, Revue de Littérature Générale n°2, Perpendiculaire, Prospectus, Propos de campagne, Java, Le jardin ouvrier, Le corridor bleu, Il particolare, TIJA, La polygraphe, Passage, Ecritures N°11 (Belgique), DWB n°3 (Hollande), If n° 16 (spécial Reznikof, traduction), Magyar Muhely (Hongrie) – et a fait paraître une vingtaine d’ouvrages de poésie, prose, théâtre, roman.

Photo : Olivier Roller

Publications :
– Remarques, Cheyne, 1997
– Chaussure, P.O.L, 1997
– Jeanne Darc, P.O.L, 1998
– Début, P.O.L, 1999
– Mortinsteinck, P.O.L, 1999
– Saint-Tropez – Une Américaine, P.O.L, 2001
– Formage, P.O.L, 2003
– Les Quasi-Monténégrins, P.O.L, 2003
– Antonia Bellivetti, P.O.L, 2004
– L’Année de l’Algérie, Inventaire-Invention, 2004
– Cavale, P.O.L, 2006
– Une oreille de chien, Éditions du Chemin de fer, 2007
– Grand ensemble, P.O.L, 2008
– Un embarras de pensée, Argol éditions, 2008
– Tomates, P.O.L, 2010
– Crâne chaud, P.O.L, 2012
– Descente de médiums, P.O.L, 2014
– Les années 10, La fabrique, 2014

Anne Parian

Photo : Jean-Marc de Samie

17mars_1Anne Parian est écrivain(e). Elle vit à Paris. Elle investit différents champs de production artistique, dans les domaines de l’écrit, de la photographie, du son et de la vidéo. Elle publie dans de nombreuses revues, Tartine, Nioques, Exact change, Quaderno, Fin, CCP. Elle vient de publier Monospace chez POL. Ses autres ouvrages sont A.F.O.N.S., Théâtre Typographique (2001), Le Corps, notes vidéographiques, vidéo (2001), A moi singes partout, Contrat maint, (2002), Le Troisième, L’Attente (2003), Danse, vidéo (2004), Untel, Contrat maint (2005). Artiste associée aux Laboratoires en 2008, elle y mène un travail de recherche littéraire avec l’Atelier polylingue.
«En règle générale je préférerais me dire «poète» seulement (mais, le mot est, comme on dit, fort «vieilli»), c’est à dire que je m’emploie (crois-je) à re-faire le monde (donner des formes à des mondes (possibles), c’est à dire encore «re-lire» le monde (ce qui m’en est accessible). Ainsi je pense que «poète» est le meilleur nom pour «artiste» (à cause des possibilités d’assemblages qu’offrent aujourd’hui les moyens du bord). Donc je ne tiens pas à distinguer les états d’écrivain, de photographe, de vidéaste, etc., car mes états sont infinis (j’exagère).»

Publications :
– À la Recherche du lieu de ma naissance, (photos) Marseille, cipM, 1994
– Abracadabra; Paris, Rup & Rud, 1998
– Et continuant de se déplacer à toute vitesse,(photos) Paris, 002, 1999
– Bonjour 005, Paris, 2000
– F. Nom de ville; Paris, Au figuré, 2000
– A.F.O.N.S.; Théâtre Typographique, 2001
– 33 segments à assembler, HC, Paris, 2002
– À moi Singes partout; Marseille, Contrat maint, 2002
– Le Troisième; Bordeaux, L’Attente, 2003
– Untel, Marseille, Contrat maint, 2005
– Monospace; Paris, P.O.L., 2007
– = Jonchée; Les petits matins, 2007
– Les années 10, Paris, La Fabrique, 2014
+ http://www.leslaboratoires.org/artiste/anne-parian

Franck Leibovici

 

LeiboviciFranck Leibovici conçoit ses travaux artistiques comme des atmosphères sensitives dans lesquelles la participation du public est toujours cruciale. Il a entamé en 2011 une recherche portant sur les
« formes de vie » et les « écosystèmes » que produit une pratique artistique. Sa réflexion élabore de nouveaux outils de description et remet en jeu la partition entre science et art, dans une perspective pragmatiste en prise avec l’actualité et notre quotidien.

Publications :
– Quelques story-boards, ubuweb, 2003
– 9+11, ubuweb, 2005
– Portraits chinois, al dante, 2007
– Des documents poétiques, Questions théoriques, 2007
– (Des formes de vie) une écologie des pratiques artistiques, Questions théoriques, 2012
+ http://www.desformesdevie.org/

Jean-Marie Gleize

dossier presse printps poetes 2015bPhoto : La Station, Nice, France, 2006

Jean-Marie Gleize crée et dirige depuis 1990, la revue Nioques dans laquelle sont tentées diverses expériences d’écriture réaliste, dans la continuité des avant-gardes historiques des années 1960-70. Il a publié, entre autres, aux éditions du Seuil, Poésie et figuration (1983) et, dans la collection « Fiction et Cie », Le Principe de nudité intégrale, manifestes (1995) et Les Chiens noirs de la prose (1999).
Cherchant à faire une poésie réaliste tout en reconnaissant l’impossibilité d’un résultat purement objectif, son écriture, fragmentaire, s’attache à divers dispositifs incluant les notes, l’inclusion de textes hétérogènes, la citation intertextuelle allant jusqu’à l’appropriation, les références cinématographiques et la photographie.

 

Le projet po&fric

Sous le sens et sans le sou

« Quant à ceux qui se livrent ou se sont livrés avec succès à la poésie, je leur conseille de ne jamais l’abandonner. La poésie est un des arts qui rapportent le plus ; mais c’est une espèce de placement dont on ne touche que tard les intérêts, – en revanche très gros. »

Charles Baudelaire, Conseils aux jeunes littérateurs (in L’Esprit public, 15 avril 1846)

«L’argent est la seule valeur qui a un lien avec le viable. Elle est une valeur extérieure morale et une valeur chaque jour dans toutes les directions infiltrée, elle s’infiltre, elle est présente dans toutes les réalisations, elle se répand dans tous les mouvements de l’esprit, elle s’est infiltrée dans tous les gestes, elle n’est pas restée dans le domaine des jugements, elle est une valeur vivante.»

Christophe Tarkos, L’argent

« Si tu as la monnaie, chéri, nous avons ta maladie »

Sylvain Courtoux, Stillnox (d’après Gun’s and Roses, Welcome to the jungle)

 

A bien y penser, quand on lit de la poésie, on a la sensation de faire un bon investissement. La poésie rassure les investisseurs du sens que nous sommes tous. Lorsque vous savez que vous lisez de la poésie, – de la vraie poésie –, vous ne pouvez pas ne pas ressentir la satisfaction de celui qui a fait un bon placement. Car l’esprit capitalise (lui aussi). Il investit dans toute entreprise qui lui donne l’impression de ne pas avoir perdu son temps avec des œuvres et surtout d’être du bon côté de la « Culture ». La poésie sert de caution à l’écriture. Elle donne une valeur ajoutée au lisible.

Cette impression seconde semble toutefois contredire une mythologie qui sévit depuis quelque temps déjà dans le monde littéraire.

En effet n’entre-t-il pas dans les définitions les plus récurrentes de la poésie celle qui la détache et l’éloigne insupportablement de nos conditions d’existence ? Le poète n’est-il pas inlassablement décrit comme un être désintéressé dont la misère économique est parfois même jugée comme un facteur de création ?

Depuis des lustres on nous dit qu’il faut savoir « habiter le monde en poète ». Une certaine poésie y trouve en effet à se loger à moindre frais. Elle voudrait nous convaincre que la manne du monde est un chant que le poème doit recueillir pieusement pour l’offrir aux débiteurs insolvables que nous sommes. Soit. Mais peut-on la croire sur parole ? N’est-il pas question ici, tout comme pour l’argent, de reconnaître une valeur fiduciaire à la poésie ? Une monnaie de singes transformée en signes ?

La poésie est donc souvent dissociée des manières d’être les plus ordinaires ainsi que des contraintes sociales qui organisent notre vie commune. Notre intention est de faire voler en éclat cette ségrégation arbitraire qui perpétue des habitudes stériles et une routine esthétique sclérosante.

Il ne s’agira pas pour nous de savoir s’il fait bon être riche quand on est poète ou s’il existe une éthique vis-à-vis de l’argent que le poète serait dans l’obligation de respecter pour ne pas déchoir de sa « poéticité ».

Mais il ne faudrait pas non plus que cette entreprise de démythification nous déculpabilise au point de nous faire accepter le monde de l’argent comme un principe de réalité invincible et indépassable.

Il serait irresponsable de notre part de laisser penser que l’écrivain (ou toute autre personne plus estimable encore…), sitôt décomplexé de son rapport à l’argent, puisse se réinstaller confortablement dans la posture apolitique du bourgeois ou rejoindre un peu trop complaisamment le club des affairistes.

Nous voudrions plutôt savoir ce que la poésie peut nous apprendre sur nos rapports à l’argent.

Mais pourquoi donc la poésie ? Précisément parce qu’il ne viendrait à l’idée de personne d’associer ce type d’écriture à l’argent, tant il est vrai que tout est fait dans notre culture pour faire de la poésie une activité désintéressée qui ne parle jamais de « ça » (comme s’il y avait une faute de goût à vouloir mettre les questions d’argent sur le tapis ou envisager même d’en parler entre poètes ou artistes). Mais il est vrai pourtant qu’on en parle parfois, et même très souvent si l’on y prête attention. Alors : pourquoi la poésie ne pourrait-elle pas être aussi bien placée (ou cotée ?) que n’importe quel type de discours pour produire des éléments de connaissance sur le comportement de l’homo œconomicus ?

Nous n’avons, certes, peut-être pas d’autres choix, pour l’instant, que de participer au monde de l’argent organisé par une société que nous n’avons pas choisie et à laquelle nous ne pouvons que très difficilement consentir après coup. Mais la participation forcée ne nous dispense pas d’exprimer par tous les moyens le regard que nous y aurons jeté de l’intérieur.

Comment donc se débarrasser définitivement du mythe d’une poésie étrangère au monde de l’argent tout en évitant de tomber dans les complicités tacites que l’art entretient depuis longtemps déjà avec des mécanismes de marché imperturbables et laissés intacts dans leur dimension dévastatrice ?

Quel mode d’interrogation inédit le discours poétique, censé être toujours sur une réserve propre à parler d’une intimité inestimable, introduit-il dans le monde des échanges économiques ?

Comment fonctionnent ou dysfonctionnent les mécanismes du marché et de la finance lorsqu’ils sont visités par les pratiques et les dispositifs poétiques ?

La poésie peut-elle s’échanger contre autre chose ? Peut-on la troquer contre du réel et en finir avec son éternelle promesse symbolique ?

Peut-on se servir de la poésie comme d’un moyen ou d’une monnaie qui réinventerait durablement nos transactions sociales ?

G.M.