Entretiens à propos du temps qu’il fait – Sur le Plateau de Millevaches.

Dans le cadre de la manifestation Ciel ouvert – organisée par l’association PAN !, dont je suis artiste associée et qui réunira théoriciens, poètes, essayistes, scientifiques, les 3, 4 et 5 juin 2016, au Manoir de Plainartige à Nedde -, je commencerai à réaliser, à partir du 18 mars prochain, des entretiens avec des habitants du Plateau pour questionner leur relation sensible au ciel, aux formations nuageuses, aux variations du temps, telles qu’elles se produisent d’une saison à l’autre ou dans une journée.
Le type de questions que je poserai sera directement inspiré de Proust et de la Recherche du temps perdu. Par exemple, au début du 5ème tome, le narrateur se réveille dans une pièce close, noire, dont les rideaux sont tirés – et pourtant, à partir de quelques détails très fins et ultrasensibles venus du dehors, il sait exactement quel temps il fait sur le boulevard Haussmann.
Ma conviction absolue est que ce savoir n’est pas la « propriété aristocratique d’un grand écrivain », mais au contraire, un savoir commun, dont les sensibilités de tout un chacun sont douées. Dans cette perspective horizontale, collective, j’aimerais beaucoup vous questionner sur les effets qu’a sur vous, par exemple, une éclaircie dissipant brusquement un épais brouillard, un début d’après-midi de fin d’hiver ; ou encore sur la manière dont vous ressentez, vous vivez le ciel, au quotidien, en sortant le matin de chez vous, etc.
Mes questions seront les plus simples et sensibles possibles – elles porteront uniquement sur vos sensations, celles que vous avez tous les jours, et dont un conditionnement politique et sociétal complexe fait que nous ne les nommons jamais. Proust, toujours, disait « chaque jour qui passe, j’accorde moins de prix à l’intelligence » – c’est précisément cet abandon de l’intelligence qui a permis l’écriture de la Recherche. Et c’est précisément cet en deçà sensitif à l’intelligence que mes échanges avec vous auront le désir de soulever.
Dans un second temps, les personnes qui auront gentiment répondu à mes questions seront invitées – si elles en ont envie – à participer, en juin 2016, à Plainartige, en ma présence et celle d’un écrivain, à un atelier, dont le but sera de poursuivre in vivo la mise en phrase de nos sensations atmosphériques – mais aussi de comprendre qu’un écrivain, un poète, avant d’écrire, se posent exactement les mêmes questions que vous, au moment où l’on a échangé. Dans un troisième temps, l’ensemble des entretiens sera recueilli dans un livre pour former, non seulement quelque chose comme une archive sensible des sensations du temps qu’il fait sur le Plateau de Millevaches, mais encore un texte collectif dont, pour la première fois, chaque phrase sera totalement consacrée à nommer les plus fines nuances du temps qu’il fait.
Pourquoi initier ce projet sur le Plateau ? Deux raisons à cela. La première est que les habitants d’un lieu appelé « plateau » – dont le nom même dénote une surexposition au ciel – ont nécessairement une relation privilégiée à la vitalité obscure de l’atmosphère. Puis un lieu comme le Plateau de Millevaches, avec toute son histoire politique, sa relation incessamment renouvelée à l’expérimentation collective, est aussi l’espace idéal pour mettre en forme ce texte météorologique commun et appréhender, sous une autre facette, ce qui nous importe plus que tout : les conditions concrètes d’un « communisme sensible ».
Ces discussions (d’une trentaine de minutes, en moyenne), avec votre accord, seront enregistrées. Je les retranscrirai et vous soumettrai ensuite le texte (pour relecture, modifications, corrections, etc.). La restitution dans le livre pourra être anonyme ou non – selon vos souhaits. Si vous avez besoin d’informations ou de précisions de toute nature, je vous prie de ne pas hésiter à me contacter à cette adresse : stéphanie.eligert@free.fr

Stéphanie Eligert.

(Stéphanie Eligert vit à Paris. Elle a publié des textes de théorie littéraire ou plus expérimentaux dans les revues Nioques, La Revue des livres, Vacarme, Sitaudis, etc.)

Ciel ouvert – note d’intention

 

L’action menée porte sur le thème des PAN.

 

 

PAN est l’acronyme de Phénomènes Aérospatiaux Non Identifiés, proposé par le CNES au cours des années 1980. Il désigne un ensemble des phénomènes aériens dont la nature paraît problématique au premier abord, et que l’étude révèle plus ou moins identifiables. Le classement de ces phénomènes amène à ranger ce qu’on appelle communément OVNI dans la catégorie PAN D. Notre manifestation portera sur tout ce qui peut faire l’objet d’observations et d’interrogations dans le ciel diurne ou nocturne, que cela concerne des phénomènes proches et en principe connus (nuages…), des phénomènes lointains et plus ou moins bien connus (étoiles…), ou des phénomènes que l’on ne sait pas identifier (OVNIS…). À l’heure où les inquiétudes croissantes concernant le devenir de la planète devraient nous conduire à nous définir avant tout comme « terrestres », une conception élargie de la politique est en train d’émerger : ses acteurs comprendraient non seulement les « humains » mais aussi d’autres agents naturels dans le cadre d’une diplomatie pensée à neuf (Bruno Latour), son horizon nous conduirait à admettre l’existence possible d’intelligences extra-terrestres comme fondement nécessaire d’une véritable cosmopolitique (Peter Szendy), et son champ d’action serait le territoire « dans », « sur » ou « avec » lequel des collectifs sont ici et maintenant susceptibles de se constituer en tant qu’agents de leur(s) propre(s) histoire(s).

L’étude plus ou moins savante du ciel, en même temps que sa colonisation naissante, constitue un des espaces et un des enjeux privilégiés de cette politique renouvelée. Le terme d’OLNI (Objet Littéraire Non Identifié) a depuis longtemps attiré notre attention sur le rôle que les auteurs, poètes ou performers sont d’ores et déjà en train d’y jouer. Une vingtaine d’années après sa mise en circulation, il s’agirait pour l’association PAN! de faire le point sur un terme, et au-delà sur un ensemble de pratiques sociales d’écritures capables de porter de telles interrogations.

La vocation de ces rencontres est de proposer un espace d’échanges aussi large que possible entre poètes, théoriciens et scientifiques, à Limoges et sur le plateau de Millevaches, sur des territoires que leur histoire continue de situer comme laboratoires de politiques alternatives. Leurs habitants seront les principaux acteurs de ces rencontres auxquelles seront conviés aussi bien les nuages que les exoplanètes et leurs potentiels occupants

En mars 2016 : rencontres poétiques « Ciel ouvert#1»

© Stéphanie Eligert

CIEL OUVERT #1

PROGRAMME

SEMAINE DU 14 AU 20 MARS
LIMOGES, EYMOUTIERS

 

 

du lundi 14 mars au 18 mars, à l’ENSA de Limoges : dans le cadre de la semaine Charivari, Stéphane Bérard, invité par PAN !, anime un atelier pour les étudiants de l’école nationale supérieure d’art.

 

vendredi 18 mars de 14h à 17h et le samedi 19 mars de 10h à 17h, présentation publique des vidéos réalisées par les étudiants, à l’occasion des journées Portes ouvertes de l’ENSA.

 

samedi 19 mars, Limoges, Théâtre Expression 7, 18h :
Lectures, performances, projections : Stéphane Bérard, Stéphanie Eligert, Emmanuel Rabu.

 

vendredi 18 mars et dimanche 20 mars, à Eymoutiers
Entretiens de Stéphanie Eligert avec des habitants de la commune et du Plateau de Millevaches à propos de leur relation sensible au ciel et à l’atmosphère du Plateau.

 Entrée libre et gratuite

Adresses utiles :
ENSA – 19, avenue Martin Luther King 87000 Limoges
Théâtre Expression 7 – 20, rue de la réforme 87000 Limoges
Contact :
– 43210pan@gmail.com

Till Roeskens

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Amateur de géographie appliquée, Till Roeskens appartient à la famille des artistes-explorateurs. Son travail se développe dans la rencontre avec un territoire donné et ceux qui tentent d’y tracer leurs chemins. Ce qu’il ramène de ses errances, que ce soit sous la forme d’un livre, d’un film vidéo, d’une conférence-diaporama ou autres formes légères, ne se voudrait jamais un simple rapport, mais une invitation à l’exercice du regard, un questionnement permanent sur ce qu’il est possible de saisir de l’infinie complexité du monde. Ses «tentatives de s’orienter» s’élaborent avec le souci récurrent de toucher un public non averti et de rendre les personnes rencontrées co-auteurs de l’oeuvre.
«Pour aller où tu ne sais pas, va par où tu ne sais pas.» (Saint-Jean de la Croix)
« S’il fallait choisir un mot pour introduire à l’oeuvre de Till Roeskens, celui de déplacement, entendu dans toutes ses significations, conviendrait le mieux. (…) Relatant son exploration des labyrinthes dessinés par des enchaînements imprévisibles de rencontres, suscitant parfois la participation active de ses partenaires, ses « récits d’aventure » ponctués de courts-circuits entre le proche et le lointain, la réalité et la fiction rendent alors sensible une humanité des lieux périphériques de telle sorte que se révèle sous la banalité quotidienne l’extrême singularité des existences particulières. »
Paul Guérin, CEAAC Strasbourg 2005

Publications :
A propos de quelques points dans l’espace, al dante 2014

http://documentsdartistes.org/artistes/roeskens/repro.html

http://documentsdartistes.org/artistes/roeskens/repro2-6.html

 

Atelier de géographie populaire

Image-13Où vivons-nous et comment ? De quoi est fait le sol sur lequel nous marchons ? De quelle roche, de quelles histoires ? Qu’est-ce qui nous gouverne ? Qu’est-ce qui nous relie ? Qu’est-ce qui nous sépare ?
Dans l’urgence de mieux comprendre le monde qui nous entoure ainsi que notre place dans celui-ci, l’Atelier de Géographie Populaire a besoin des compétences et des désirs des habitants et des volontaires, pour dessiner de façon collective un atlas du Plateau de Millevaches, fait de mille cartes à inventer.
Une première esquisse des espaces physiques et imaginaires que nous habitons et qui nous habitent.
L’atelier de géographie populaire a vu le jour en septembre 2012 en établissant ses premières séances de cartographie. Depuis deux ans, ce groupe propose des sessions d’ateliers de cartographie, des rencontres avec des artistes, des scientifiques ou des gens du coin et les habitants du plateau de Millevaches ou d’ailleurs.
L’Atelier de Géographie Populaire est une initiative en construction patiente, portée entre autres par Pivoine, association d’éducation populaire, par Appelboom-la Pommerie, résidence d’artiste, par l’association Quartier Rouge, – et par vous si vous le souhaitez.

http://www.felletin.fr/atelier-de-geographie-populaire-du-plateau-de-millevaches-les-5-et-6-octobre-a-felletin/

Ruben Pater

dossier presse printps poetes 2015Ruben Pater est un designer néerlandais basée à Amsterdam. Il enseigne au département de communication de la Design Academy Eindhoven.
Il s’est donné pour mission de créer des récits visuels sur des questions politiques complexes. En traduisant visuellement des histoires sensibles ou «non rentables», Ruben Pater vise à activer l’intérêt du public. En tant qu’ histoires inédites, ses projets créent de nouvelles relations entre le journalisme et le design. Son «Drone Survival Guide» en 2013 a reçu une large attention, il est un outil éducatif sur les drones, fonctionnant comme une déclaration politique.
The First Dutch Flood Manual («Le premier Manuel d’Inondation des Pays Bas») est une recherche en communication en cas de catastrophe en période de changement climatique, et Double Standards, une recherche sur le commerce maritime et la piraterie somalienne. Actuellement, il travaille sur un projet de journalisme citoyen dans les pays où existe la censure, et une série de puzzles éducatifs sur les fuites de la NSA pour le journal néerlandais NRC Next.

 

Expositions
-Decolonized Skies, Apex art New York, 2014
-World Design Capital, Capetown, 2014
-Museum Boijmans van Beuningen, design column 2014
-Coming Soon, Bureau Europa 2014
-Dutch Electronic Art festival, 2014
-Click festival Helsingør, 2014
-Chaumont, 2013
-Unmapping the World, Lisbon, 2013
-St.Etienne design Biennial, 2013
-Zuiderzeemuseum, 2012
-Sandberg Graduation, 2012

 

http://www.untold-stories.net/

http://www.dronesurvivalguide.org/

Société Réaliste

dossier presse printps poetes 2015société

The future is the extension of the past by other means (Limes New Roman) Vue d’installation, Biennale d’Istanbul, 2009

[Nathalie Barki]

 

Société réaliste est une coopérative artistique fondée en 2004 par Ferenc Grof (1972) et Jean-Baptiste Naudy (1982).
Le travail de Société Réaliste explore les récits de l’histoire, de l’économie, de l’architecture et de l’art à travers ses signes visuels.
En opérant de subtils rapprochements, des extrapolations, des interprétations statistiques ou des
surimpressions, leurs oeuvres donnent à voir des évolutions historiques, des «tendances» et
produisent un ensemble d’outils de lisibilité du monde contemporain.

 

-Expositions monographiques :
Galerie Nationale du Jeu de Paume (2011),
Ludwig Museum (Budapest, 2012),
Musée d’Art Contemporain de Bucarest (2012),
Pexclamation, New York (2013),
Salon de Vortex (Athens, 2013),
Akbank Sanat (Istanbul, 2011).
-Biennales :
Istanbul (2009),
Helsinki (2014),
Lyon (2009),
Shanghaï (2012)
-Expositions dans de grandes institutions étrangères :
Budapest’s Ludwig Museum en 2012,
Contemporary Art Museum de Bucarest en 2011,
Wroclaw Contemporary Museum en 2012,
Dunaujvaros Institute of Contemporary Art en 2012,
Sheila C. Johnson Desing Center à New York en 2012,
Leon MUSAC en 2012,
TOP Contemporary Art Center à Shanghai en 2011,
Université de Maryland Baltimore, Center for Art, Design, and Visual Culture,
Fondation Pistoletto à Biella en 2010,..etc.
-Expositions personnelles :
Tender Pixels Londres,
P! (New York),
Salon de Vortex (Athènes) et à Tranzit.ro (Cluj).
A l’occasion de la FIAC 2013, leur oeuvre monumentale U.N. Camouflage, composée de 193 drapeaux a été installée sur la passerelle de Solferino, par la Galerie Jérôme Poggi, qui leur consacrait aussi un stand monographique au Grand Palais.

 

https://artetpolitique.wordpress.com/exposition-dart/artistes-participants/societe-realiste/