Ciel ouvert – note d’intention

 

L’action menée porte sur le thème des PAN.

 

 

PAN est l’acronyme de Phénomènes Aérospatiaux Non Identifiés, proposé par le CNES au cours des années 1980. Il désigne un ensemble des phénomènes aériens dont la nature paraît problématique au premier abord, et que l’étude révèle plus ou moins identifiables. Le classement de ces phénomènes amène à ranger ce qu’on appelle communément OVNI dans la catégorie PAN D. Notre manifestation portera sur tout ce qui peut faire l’objet d’observations et d’interrogations dans le ciel diurne ou nocturne, que cela concerne des phénomènes proches et en principe connus (nuages…), des phénomènes lointains et plus ou moins bien connus (étoiles…), ou des phénomènes que l’on ne sait pas identifier (OVNIS…). À l’heure où les inquiétudes croissantes concernant le devenir de la planète devraient nous conduire à nous définir avant tout comme « terrestres », une conception élargie de la politique est en train d’émerger : ses acteurs comprendraient non seulement les « humains » mais aussi d’autres agents naturels dans le cadre d’une diplomatie pensée à neuf (Bruno Latour), son horizon nous conduirait à admettre l’existence possible d’intelligences extra-terrestres comme fondement nécessaire d’une véritable cosmopolitique (Peter Szendy), et son champ d’action serait le territoire « dans », « sur » ou « avec » lequel des collectifs sont ici et maintenant susceptibles de se constituer en tant qu’agents de leur(s) propre(s) histoire(s).

L’étude plus ou moins savante du ciel, en même temps que sa colonisation naissante, constitue un des espaces et un des enjeux privilégiés de cette politique renouvelée. Le terme d’OLNI (Objet Littéraire Non Identifié) a depuis longtemps attiré notre attention sur le rôle que les auteurs, poètes ou performers sont d’ores et déjà en train d’y jouer. Une vingtaine d’années après sa mise en circulation, il s’agirait pour l’association PAN! de faire le point sur un terme, et au-delà sur un ensemble de pratiques sociales d’écritures capables de porter de telles interrogations.

La vocation de ces rencontres est de proposer un espace d’échanges aussi large que possible entre poètes, théoriciens et scientifiques, à Limoges et sur le plateau de Millevaches, sur des territoires que leur histoire continue de situer comme laboratoires de politiques alternatives. Leurs habitants seront les principaux acteurs de ces rencontres auxquelles seront conviés aussi bien les nuages que les exoplanètes et leurs potentiels occupants

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