ball-trap : une insurrection poétique ?

Le poète, un insurgé ? Contre qui ou quoi d’autre pourrait-il s’insurger sinon les crispations formelles, les poncifs, les clichés, les poses esthétiques, les effets de style qui règlent et organisent en vase clos l’étroit domaine (on parle ici de la poésie) où la tradition littéraire le confine ? Bref, l’espace de sa révolte est déjà bien préparé : il n’outrepasse pas les limites du « champ littéraire » où n’éclatent que des guerres intestines et des enjeux étroitement « poético-poétiques » : l’écriture automatique, le lettrisme, le cut-up, le spatialisme, la poésie planiste et visuelle, puis l’« adieu à la page » (Bernard Heidsieck) des poètes sonores, la performance, etc. Tout cela semble suivre une logique de décantation sans surprise ni révolution, sinon interne et vite intégrée.

La poésie est-elle une activité capable d’alerter d’autres personnes que les poètes eux-mêmes ?
Peut-elle échapper à l’invitation d’assurer sa réussite littéraire en faisant montre des qualités qu’exigent les stratégies de légitimation (dont beaucoup d’artistes savent jouer) ?

 

Certaines pratiques récentes de l’écriture redéfinissent la poésie en faisant de celle-ci un moyen de connaissance, et non plus une fin en soi destinée à être admirée comme « œuvre ».

De quoi la poésie est-elle donc le nom au sein de ces pratiques nouvelles ?

 

La poésie, comme la géographie, sert d’abord à faire la guerre : on fait bouger les limites en traçant des lignes. L’espace mental y est une arme pour tir d’approche. Ses buts ? Produire des documents proposés comme « poétiques » mais qui court-circuitent nos anciens codes de lecture par lesquels nous abordons généralement le « poétique ». Faire vaciller les discours non-poétiques qui tirent leur plus-value du sérieux qu’ils se donnent. Faire avouer à ces discours qu’ils utilisent les mêmes armes que la poésie (hélas désamorcée par l’institutionnalisation de l’art). Faire l’histoire littéraire de notre société, de son économie, de ses politiques. Car tous les discours luttent sur le même terrain.

Ainsi pourrons-nous peut-être enfin relire nos « classiques » autrement qu’avec le regard de celui qui cherche exclusivement une qualité littéraire ou une profondeur à ce qu’il lit.

Ce serait, pour la poésie, un beau projet insurrectionnel : un de ceux qui ne cherchent pas à dynamiter notre héritage mais à le vitaliser en lui faisant servir des causes autrement plus prometteuses que les querelles esthétiques et les originalités de postures.

Till Roeskens

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Amateur de géographie appliquée, Till Roeskens appartient à la famille des artistes-explorateurs. Son travail se développe dans la rencontre avec un territoire donné et ceux qui tentent d’y tracer leurs chemins. Ce qu’il ramène de ses errances, que ce soit sous la forme d’un livre, d’un film vidéo, d’une conférence-diaporama ou autres formes légères, ne se voudrait jamais un simple rapport, mais une invitation à l’exercice du regard, un questionnement permanent sur ce qu’il est possible de saisir de l’infinie complexité du monde. Ses «tentatives de s’orienter» s’élaborent avec le souci récurrent de toucher un public non averti et de rendre les personnes rencontrées co-auteurs de l’oeuvre.
«Pour aller où tu ne sais pas, va par où tu ne sais pas.» (Saint-Jean de la Croix)
« S’il fallait choisir un mot pour introduire à l’oeuvre de Till Roeskens, celui de déplacement, entendu dans toutes ses significations, conviendrait le mieux. (…) Relatant son exploration des labyrinthes dessinés par des enchaînements imprévisibles de rencontres, suscitant parfois la participation active de ses partenaires, ses « récits d’aventure » ponctués de courts-circuits entre le proche et le lointain, la réalité et la fiction rendent alors sensible une humanité des lieux périphériques de telle sorte que se révèle sous la banalité quotidienne l’extrême singularité des existences particulières. »
Paul Guérin, CEAAC Strasbourg 2005

Publications :
A propos de quelques points dans l’espace, al dante 2014

http://documentsdartistes.org/artistes/roeskens/repro.html

http://documentsdartistes.org/artistes/roeskens/repro2-6.html

 

Atelier de géographie populaire

Image-13Où vivons-nous et comment ? De quoi est fait le sol sur lequel nous marchons ? De quelle roche, de quelles histoires ? Qu’est-ce qui nous gouverne ? Qu’est-ce qui nous relie ? Qu’est-ce qui nous sépare ?
Dans l’urgence de mieux comprendre le monde qui nous entoure ainsi que notre place dans celui-ci, l’Atelier de Géographie Populaire a besoin des compétences et des désirs des habitants et des volontaires, pour dessiner de façon collective un atlas du Plateau de Millevaches, fait de mille cartes à inventer.
Une première esquisse des espaces physiques et imaginaires que nous habitons et qui nous habitent.
L’atelier de géographie populaire a vu le jour en septembre 2012 en établissant ses premières séances de cartographie. Depuis deux ans, ce groupe propose des sessions d’ateliers de cartographie, des rencontres avec des artistes, des scientifiques ou des gens du coin et les habitants du plateau de Millevaches ou d’ailleurs.
L’Atelier de Géographie Populaire est une initiative en construction patiente, portée entre autres par Pivoine, association d’éducation populaire, par Appelboom-la Pommerie, résidence d’artiste, par l’association Quartier Rouge, – et par vous si vous le souhaitez.

http://www.felletin.fr/atelier-de-geographie-populaire-du-plateau-de-millevaches-les-5-et-6-octobre-a-felletin/

Ruben Pater

dossier presse printps poetes 2015Ruben Pater est un designer néerlandais basée à Amsterdam. Il enseigne au département de communication de la Design Academy Eindhoven.
Il s’est donné pour mission de créer des récits visuels sur des questions politiques complexes. En traduisant visuellement des histoires sensibles ou «non rentables», Ruben Pater vise à activer l’intérêt du public. En tant qu’ histoires inédites, ses projets créent de nouvelles relations entre le journalisme et le design. Son «Drone Survival Guide» en 2013 a reçu une large attention, il est un outil éducatif sur les drones, fonctionnant comme une déclaration politique.
The First Dutch Flood Manual («Le premier Manuel d’Inondation des Pays Bas») est une recherche en communication en cas de catastrophe en période de changement climatique, et Double Standards, une recherche sur le commerce maritime et la piraterie somalienne. Actuellement, il travaille sur un projet de journalisme citoyen dans les pays où existe la censure, et une série de puzzles éducatifs sur les fuites de la NSA pour le journal néerlandais NRC Next.

 

Expositions
-Decolonized Skies, Apex art New York, 2014
-World Design Capital, Capetown, 2014
-Museum Boijmans van Beuningen, design column 2014
-Coming Soon, Bureau Europa 2014
-Dutch Electronic Art festival, 2014
-Click festival Helsingør, 2014
-Chaumont, 2013
-Unmapping the World, Lisbon, 2013
-St.Etienne design Biennial, 2013
-Zuiderzeemuseum, 2012
-Sandberg Graduation, 2012

 

http://www.untold-stories.net/

http://www.dronesurvivalguide.org/

Société Réaliste

dossier presse printps poetes 2015société

The future is the extension of the past by other means (Limes New Roman) Vue d’installation, Biennale d’Istanbul, 2009

[Nathalie Barki]

 

Société réaliste est une coopérative artistique fondée en 2004 par Ferenc Grof (1972) et Jean-Baptiste Naudy (1982).
Le travail de Société Réaliste explore les récits de l’histoire, de l’économie, de l’architecture et de l’art à travers ses signes visuels.
En opérant de subtils rapprochements, des extrapolations, des interprétations statistiques ou des
surimpressions, leurs oeuvres donnent à voir des évolutions historiques, des «tendances» et
produisent un ensemble d’outils de lisibilité du monde contemporain.

 

-Expositions monographiques :
Galerie Nationale du Jeu de Paume (2011),
Ludwig Museum (Budapest, 2012),
Musée d’Art Contemporain de Bucarest (2012),
Pexclamation, New York (2013),
Salon de Vortex (Athens, 2013),
Akbank Sanat (Istanbul, 2011).
-Biennales :
Istanbul (2009),
Helsinki (2014),
Lyon (2009),
Shanghaï (2012)
-Expositions dans de grandes institutions étrangères :
Budapest’s Ludwig Museum en 2012,
Contemporary Art Museum de Bucarest en 2011,
Wroclaw Contemporary Museum en 2012,
Dunaujvaros Institute of Contemporary Art en 2012,
Sheila C. Johnson Desing Center à New York en 2012,
Leon MUSAC en 2012,
TOP Contemporary Art Center à Shanghai en 2011,
Université de Maryland Baltimore, Center for Art, Design, and Visual Culture,
Fondation Pistoletto à Biella en 2010,..etc.
-Expositions personnelles :
Tender Pixels Londres,
P! (New York),
Salon de Vortex (Athènes) et à Tranzit.ro (Cluj).
A l’occasion de la FIAC 2013, leur oeuvre monumentale U.N. Camouflage, composée de 193 drapeaux a été installée sur la passerelle de Solferino, par la Galerie Jérôme Poggi, qui leur consacrait aussi un stand monographique au Grand Palais.

 

https://artetpolitique.wordpress.com/exposition-dart/artistes-participants/societe-realiste/

Nathalie Quintane

dossier presse printps 2015Nathalie Quintane est née en 1964. Elle a publié dans de nombreuses revues – Nioques, Action Poétique, Dock(s), AIOU, Revue de Littérature Générale n°2, Perpendiculaire, Prospectus, Propos de campagne, Java, Le jardin ouvrier, Le corridor bleu, Il particolare, TIJA, La polygraphe, Passage, Ecritures N°11 (Belgique), DWB n°3 (Hollande), If n° 16 (spécial Reznikof, traduction), Magyar Muhely (Hongrie) – et a fait paraître une vingtaine d’ouvrages de poésie, prose, théâtre, roman.

Photo : Olivier Roller

Publications :
– Remarques, Cheyne, 1997
– Chaussure, P.O.L, 1997
– Jeanne Darc, P.O.L, 1998
– Début, P.O.L, 1999
– Mortinsteinck, P.O.L, 1999
– Saint-Tropez – Une Américaine, P.O.L, 2001
– Formage, P.O.L, 2003
– Les Quasi-Monténégrins, P.O.L, 2003
– Antonia Bellivetti, P.O.L, 2004
– L’Année de l’Algérie, Inventaire-Invention, 2004
– Cavale, P.O.L, 2006
– Une oreille de chien, Éditions du Chemin de fer, 2007
– Grand ensemble, P.O.L, 2008
– Un embarras de pensée, Argol éditions, 2008
– Tomates, P.O.L, 2010
– Crâne chaud, P.O.L, 2012
– Descente de médiums, P.O.L, 2014
– Les années 10, La fabrique, 2014

Anne Parian

Photo : Jean-Marc de Samie

17mars_1Anne Parian est écrivain(e). Elle vit à Paris. Elle investit différents champs de production artistique, dans les domaines de l’écrit, de la photographie, du son et de la vidéo. Elle publie dans de nombreuses revues, Tartine, Nioques, Exact change, Quaderno, Fin, CCP. Elle vient de publier Monospace chez POL. Ses autres ouvrages sont A.F.O.N.S., Théâtre Typographique (2001), Le Corps, notes vidéographiques, vidéo (2001), A moi singes partout, Contrat maint, (2002), Le Troisième, L’Attente (2003), Danse, vidéo (2004), Untel, Contrat maint (2005). Artiste associée aux Laboratoires en 2008, elle y mène un travail de recherche littéraire avec l’Atelier polylingue.
«En règle générale je préférerais me dire «poète» seulement (mais, le mot est, comme on dit, fort «vieilli»), c’est à dire que je m’emploie (crois-je) à re-faire le monde (donner des formes à des mondes (possibles), c’est à dire encore «re-lire» le monde (ce qui m’en est accessible). Ainsi je pense que «poète» est le meilleur nom pour «artiste» (à cause des possibilités d’assemblages qu’offrent aujourd’hui les moyens du bord). Donc je ne tiens pas à distinguer les états d’écrivain, de photographe, de vidéaste, etc., car mes états sont infinis (j’exagère).»

Publications :
– À la Recherche du lieu de ma naissance, (photos) Marseille, cipM, 1994
– Abracadabra; Paris, Rup & Rud, 1998
– Et continuant de se déplacer à toute vitesse,(photos) Paris, 002, 1999
– Bonjour 005, Paris, 2000
– F. Nom de ville; Paris, Au figuré, 2000
– A.F.O.N.S.; Théâtre Typographique, 2001
– 33 segments à assembler, HC, Paris, 2002
– À moi Singes partout; Marseille, Contrat maint, 2002
– Le Troisième; Bordeaux, L’Attente, 2003
– Untel, Marseille, Contrat maint, 2005
– Monospace; Paris, P.O.L., 2007
– = Jonchée; Les petits matins, 2007
– Les années 10, Paris, La Fabrique, 2014
+ http://www.leslaboratoires.org/artiste/anne-parian